Eureka

Titre original : Yureka

Origine : Japon

Année : 2000

Genre : Drame

Note : 9.5/10

Réalisateur :

 Casting :

Liens : IMDB


Avis :


À Kyushu, au sud-ouest du Japon, une sanglante prise d'otages dans un bus municipal épargne le chauffeur, Makoto (Koji Yakusho), une écolière, Kozue (Aoi Miyazaki), et son frère aîné, Naoki (Masaru Miyazaki). Traumatisé, Makoto disparaît. Les deux enfants s'enferment dans le silence.
Deux ans plus tard, ils se retrouvent seuls, leur mère ayant divorcé et leur père étant décédé dans un accident de voiture. Makoto refait alors son apparition et s'installe dans la maison familiale des deux enfants. Leur cousin, Akihiko (Yoichiro Saito) les rejoint.
Makoto, soupçonné par la police d'avoir tué une femme, achète un bus d'occasion et l'aménage en camping-car. Il invite Kozue, Naoki et Akihiko à partir dans un voyage de résurrection où ils pourront faire face à l'horreur de leur expérience commune, reconstuire leur vie et se libérer du passé.


"Un raz-de-marée va venir. Et j’'en suis sûre, tout le monde disparaîtra."
Sur ces terribles paroles prononcées par Aoi Miyazaki, le film commence.
(Je dois rester fort...)


Eureka est éprouvant, tellement éprouvant... Non pas à cause de sa durée pharaonique (3h30 !), mais par ce long et douloureux processus de cicatrisation et de guérison des blessures psychologiques de ses protagonistes. Un long calvaire que Shinji Aoyama tente d'étaler sur toute la durée du film, durée qui après coup me paraît tout à fait nécessaire. 2h n'auraient pas suffi à extirper tout le mal être enfoui au plus profond de leurs coeurs...
Après le drame, leurs âmes sont dévastées, rongées par un mal bien plus ignoble et cruel que le triste événement en lui-même : leurs sentiments. La culpabilité, la honte, la peur, la haine, la tristesse, la solitude, le désespoir, la folie...
Eureka ne se contente pas de soulever tous les problèmes qu'un tel événement pourrait engendrer chez ses victimes, non, il en apporte également toutes les solutions. Et c'est en cela que le film est brillant, si brillant... Saluons également le travail magnifique sur la photo (noir et blanc ou sepia), avec des plans somptueux parfaitement composés pour extraire de l'image toute l'ambiance de désolation et de mélancolie nécessaire à l'histoire.


Kozue console Makoto qui a craqué sous la pression des événements.
(Mes yeux commencent à me piquer...)


Venons-en à la révélation principale de ce film : deux jeunes acteurs portant le même nom (logique puisqu'ils sont frères et soeurs), Masaru et Aoi Miyazaki respectivement dans le rôle du frère Naoki et de sa soeur Kozue. Interprétation phénoménale car réduite à sa plus simple expression, les deux personnages ayant temporairement perdu la parole, mais ce qui ne les empêchera pas d'envahir l'écran d'un maelström de sentiments et ressentiments refoulés. Si Masaru est impeccable, Aoi est l'essence même de son personnage, l'incarnation de l'innocence souillée et à jamais perdue. Qu'une actrice si jeune soit capable d'autant de fulgurance sans prononcer le moindre mot (du moins pendant l'écrasante majorité du film) a de quoi forcer l'admiration et le respect.
Quant à Koji Yakusho dans le rôle de Makoto, il est tout bonnement intouchable. De mémoire, jamais pareil acteur n'aura réussi aussi fabuleuse interprétation, et le lien si intense qui l'unit au personnage de Kozue (et par extension à Naoki) est d'une force émotionnelle rarement vu au cinéma. Il EST le héros du film, le grand sauveur, le père protecteur et aimant qui manquait aux enfants et son personnage est de loin le plus abouti de tous.


Makoto à son tour console Kozue en larmes qui refusera de le lâcher.
(Trop tard, je pleure T_T)


Le parcours vers la guérison se fera dans la souffrance. Certains n'arriveront pas au bout. Les rescapés de cette introspection, ceux qui auront vaincu leurs peurs ainsi que leurs propres démons, accèderont à la délivrance tant attendue, à l'image de Kozue retrouvant l'usage des mots, libérant son âme en criant les noms de tous ceux qui auront vécu ces heures sombres. Le sourire qui s'en suivra, tendu comme un cadeau d'une valeur inestimable à celui qui aura sauvé son âme, Makoto, ira jusqu'à rendre ses couleurs au film. Ça c'est du cinéma.
Leur long voyage pour sortir de l'enfer s'achève enfin avec la certitude qu'ils ont enfin trouvé la lumière au bout du tunnel, l'illumination salvatrice, la fragile étincelle appelée raison de vivre... Et quant à moi, celle d'avoir vu l'un des films les plus bouleversants de mon existence. Sur ce, je vous laisse pour pleurer toutes les larmes de mon corps.


par ultima le 10 Mars 2007


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