Darkness

Autre titre : The Dark

Origine : Espagne

Année : 2002

Genre : Horreur, fantastique

Note : 8/10

Réalisateur :

 Casting :

Liens : IMDB


Avis :


Il y a quelque chose dans cette maison. Quelque chose d'ancien et de sombre qui demeure immobile, caché, silencieux depuis plus de quarante ans. Seule l'obscurité peut l'aider à se matérialiser et à bouger. Une famille avec un petit garçon et un père instable au bord de la crise de nerfs vient de s'installer dans cette maison qui abrite un terrible et cruel secret, un passé abominable où il est question de sept enfants, de gens sans visages...

Un beau jour, Jaume Balaguero, fort du succès de son premier film "La secte sans nom", décide de réaliser son premier film international (entendez par là américain). Les raisons sont évidentes : de plus gros moyens à disposition et une plus grande distribution de son oeuvre. Il a d'abord un concept de base, la plus ancienne et la plus terrifiante de toutes les peurs infantiles : la peur de l'obscurité. Il réalise dans ce but un court de 2 minutes sur ce thème et le présente au marché des films de Cannes. Le succès est immédiat et les plus grandes boites ne tardent pas à sonner à sa porte. Le projet Darkness allait enfin prendre forme.
Darkness ou le film d'horreur intelligent, sensible et profondément humain. On peut déjà y voir les prémisces de son film suivant, l'émouvant et terrifiant Fragile. Comme le dit si bien Balaguero dans le making of du film, Darkness a été pensé comme une symphonie dont l'intensité et la plongée dans la terreur évoluent crescendo. Le final sur fond de chorus classique est impressionnant d'efficacité, d'une esthétique qui n'aurait rien à envier à Silent Hill, le flip en plus. Car dans Darkness on flipe et c'est peu dire.
Dans un film d'horreur le visuel est plus important que l'intrigue, c'est en tout cas le point de vue du cinéaste (et je suis on ne peut plus d'accord avec lui). Une chose est sûre à ce niveau, c'est qu'il ne trahit pas ses propos. Darkness est esthétiquement magnifique, que ce soit sa lumière, son cadrage ou ses plans chocs filmés de façon à saisir le point culminant horrifique, le court instant où l'intensité est à son paroxysme. Rien à redire non plus au niveau des musiques discrètes mais angoissantes à souhait, accompagnant à merveille le film tout du long.
L'autre grande force de Darkness vient de son idée de base, simple mais terriblement originale dans sa façon de l'exploiter. Faire du noir une sorte d'entité vivante quasi physique, qui n'est pas qu'une absence de lumière, mais bel et bien une présence maléfique qui sagement reste tapie dans l'ombre (c'est le cas de le dire), froide et calculatrice, attendant son heure pour tout engloutir sur son passage et retourner au chaos originel, avant que l'univers prenne forme.
N'oublions pas non plus de parler des personnages et du casting, car ils ne sont pas en restes. Anna Paquin réussit brillamment à interpréter le personnage de Régina, fort et fragile à la fois. Lena Olin est elle aussi remarquable dans le rôle de la mère qui refuse de voir la réalité en face. Mais tous les acteurs sont excellents, campant des personnages plus ou moins complexes mais tous très bien composés, tout en nuances (comme je les aime). Et c'est en cela que je parlais plus haut d'un film intelligent, sensible et profondément humain. Darkness vous fera ressentir plein d'émotions (parfois contradictoires et en même temps !), pas seulement de l'effroi. Honnêtement, en cherchant bien dans les films d'horreur que j'ai déjà pu voir, il n'y a guère que "Les autres" d'Alejandro Amenabar ou des films asiatiques comme Dark Water et Memento Mori qui développent un côté dramatique aussi poussé et marquant. Et les autres films de Balaguero, évidemment.

S'il n'y avait pas eu "Les autres", Darkness serait pour moi LE film d'horreur ibérique le plus abouti (bizarrement les deux films partagent cette même thématique de l'obscurité, bien qu'elle n'ait pas le même rôle). Jaume Balaguero signe ici son plus grand film avec le trop peu reconnu Fragile. Un film qui porte bien son nom.


par ultima le 01 Septembre 2006


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