Donnie Darko

Origine : USA

Année : 2001

Genre : Fantastique

Note : 9/10

Réalisateur :

 Casting :

Liens : IMDB


Avis :


Donnie Darko (Jake Gyllenhaal) n'est pas un adolescent comme les autres. Intelligent mais perturbé, il a pour ami imaginaire Frank (James Duval), un lapin géant au visage effrayant. Lorsque, par miracle, Donnie échappe à la mort, Frank lui annonce que la fin du monde est proche et qu'il doit accomplir sa destinée... Rapidement, la petite ville tranquille va devenir le théâtre d'événements inquiétants qui cachent d'inavouables secrets. Rien n'est dû au hasard, seul Donnie peut agir, mais vite... car Frank le lui a dit...

Pour moi, Donnie Darko est au cinéma ce que The Gathering est à la musique. Indétrônable, indémodable, inaliénable.
Voyages dans le temps, mondes parallèles, héros schizophrène paranoïaque, atmosphère mystérieuse, époque 80s dans une bourgade paumée, critique d'une société bien pensante et hypocrite, tout cela vous branche ? Alors Donnie Darko est fait pour vous.

L'histoire est d'une complexité incroyable, mais reste cohérente et compréhensible après plusieurs visionnages, à condition toutefois d'avoir écouté les commentaires du réalisateur, d'avoir parcouru le site officiel et cherché des explications sur le net. Non, vous ne pourrez réellement cerner toute l'ampleur de Donnie Darko par son seul visionnage. Mais croyez-moi, votre effort sera grandement récompensé et vous serez sur le cul quand vous découvrirez toutes les ficelles de l'intrigue. Malgré tout, le film reste sujet à interprétation sur certains points (volonté du réalisateur) et chacun pourra se forger sa propre opinion. Le film fera travailler votre imagination, et c'est peu dire.

Dans Donnie Darko, rien n'est laissé au hasard. Même le détail le plus insignifiant peut être lourd de conséquences, comme par exemple la réplique anodine de Jena Malone : "Donnie Darko... on dirait un nom de superhéros."

Attardons-nous maintenant sur la réalisation à proprement parler. Richard Kelly vient de l'univers du clip et ça se sent. Beaucoup d'effets dans les transitions, les cadrages, le montage donnent au film un côté très dynamique, parfois un peu trop, et c'est globalement le seul reproche que je pourrais lui faire. Car sinon tout est au poil, de la prise de vue jusqu'au montage. Pour atteindre un tel niveau, Richard Kelly a eu la grandiose idée de faire appel à Mickael Andrews pour composer la bande originale du film. Choeurs lancinants, pianos mélancoliques, sons metalloïdes torturés, cette BO de toute beauté colle à merveille à l'univers sombre et mystérieux de Donnie Darko.

Je tiens à ouvrir une parenthèse concernant la version Director's Cut. Alors que la version DC de L'effet Papillon ne changeait finalement que peu de choses à part son dénouement (oui bon d'accord, c'est quand même beaucoup), celle de Donnie Darko en revanche se voit gratifiée de nombreuses séquences supplémentaires, d'un nouveau montage et de nouvelles pistes musicales. Malheureusement, force est de constater que Richard Kelly a trop voulu en faire. La grande part de mystère entourant le film et lui conférant cette atmosphère si particulière est largement estompée à cause des trop nombreux éléments de compréhension disséminés tout au long du film. Les nouvelles musiques n'apportent rien, au contraire même elles ne semblent pas à leur place. Les géniales compositions originales de Mickael Andrews ont été mises en retrait, et l'ambiance envoutante du film en patit grandement.
Je conseille vivement aux personnes n'ayant jamais vu le film de commencer par sa version classique, de bien s'en imprégner puis plus tard de regarder la version DC histoire de comprendre un peu plus cette histoire si complexe et fascinante.

Au final, Donnie Darko est un film sur l'amour. L'amour d'un adolescent pour sa nouvelle camarade de classe, son manque d'affection et sa peur profonde de la solitude qui en font une bombe émotive à retardement, le désarroi d'une famille qui malgré tout reste unie par un amour plus fort que tout et enfin, le don de soi, le sacrifice pour sauver ceux que l'on aime.

Mélangeant à la perfection les genres (SF, fantastique, drame, comédie, romance), Richard Kelly aura réalisé avec Donnie Darko un premier film quasi parfait.
Son héros torturé, son ambiance ensorcelante, ses musiques envoutantes, son scénario palpitant d'un richesse inouie, sa mise en scène dynamique, ses plans hypnotiques, ses personnages hauts en couleur, ses répliques inoubliables, son bouleversant dénouement font de Donnie Darko le film fantastique ultime.
Ces paroles issues de la sublime reprise du tube "Mad World" qu'on peut entendre vers la fin résument finalement très bien l'esprit du film : "The dreams in which I'm dying are the best I've ever had."


par ultima le 01 Septembre 2006


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